De la culture et des cadences électorales
Le billet d'humeur des CAUE d'Île-de-France
Ils la malmènent. Ils l’omettent. Ils ? Bien des politiques. Qui ou quoi ? La culture, pardi !

Encore faut-il la développer sinon la transmettre. A l’heure d’échéances politiques majeures, l’appel doit être lancé.

 

L’architecture, cette grande absente ! Aucun candidat à la présidentielle ne semble s’émouvoir du manque de logements ou encore de la lenteur de la rénovation énergétique, de l’étalement urbain, de la consommation effrénée de terres agricoles… bref, du cadre bâti de millions de citoyens. 
La culture urbaine est, plus encore, oubliée. 
Négligée, sinon déconsidérée, elle ne fait l’objet d’aucun discours politique. Pourtant, la population se fait, chaque année, plus urbaine… et ceux qui subissent la ville plus qu’ils ne la choisissent, semblent être toujours plus nombreux.

 

Et pour cause, aucun d’entres-eux n’en maîtrise réellement les enjeux, ni le devenir. Heureusement, sans attendre l’action politique, des initiatives citoyennes s’attachent à réinventer des modes d’habiter, des modes de production de la ville, des modes de vivre ensemble, des formes de solidarité. Au mieux, quelques audacieux politiques les suivent. Les autres les ignorent pleinement. Regrettable situation ! 
Ces projets sont généralement le fait de citoyens disposant de moyens culturels leur donnant une maîtrise du fait urbain que des acteurs sociaux et institutionnels leur autorisent. Toutefois, à côté d’eux, tout près – pour ne pas dire, en dehors – sont ceux qui ne sont initiés ni au langage, ni aux concepts, ni aux outils culturels leur permettant d’agir. Ce sont ceux-là qui souffrent de leur logement, ceux-là qui n’acceptent pas leur cadre de vie, ceux-là qui ont le mal de ville.
Certes, la méconnaissance du fait urbain n’est pas seule en cause ; il y a, malgré tout, urgence à fonder une culture à même d’offrir les moyens, à tout citoyen, de s’affranchir de décisions venues d’en haut. 
Pour cela, le partage, mais plus encore la formation et l’information doivent être des axes essentiels et incontournables. C’est en donnant à toutes et à tous des références culturelles, des instruments pour comprendre la ville et, en outre, la possibilité de s’y situer, que chacun pourra agir et, in fine, acquérir une véritable place au sein du projet politique.

 

En d’autres termes, à l’heure où les questions économiques et sécuritaires dominent le débat, il serait important d’invoquer, en définitive, un véritable projet culturel ! Et pourquoi ne pas s'appuyer sur les formidables organismes créés il y a 40 ans par la loi sur l'architecture pour le mettre en œuvre !

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